Tel l'enfant de Sixième Sens qui voit des fantômes partout, je vois des femmes dans tous les jeux vidéo. Une partie de ce réflexe vient d'un comportement militant assumé. Puisque les femmes sont systématiquement ignorées et maltraitées dans les jeux vidéo, qu'il s'agisse de son industrie ou de ses œuvres, je les convoque de force. Bien sûr que Powerwash Simulator est un girl game. Est-ce que Quentin Dupieux s'est inspiré du machinima pour son dernier film à l'esthétique digne d'un jeu PS2, ou est-ce qu'il a copié des vidéos roleplay des Sims ? (probablement un peu des deux)
Mon envie n'est pas un caprice, elle est inspirée d'une réalité : les hobbys typiquement associés aux femmes (et d'autres personnes minorisées) ont beaucoup plus d'influence qu'on ne le croit. Là où on se moque souvent des fangirls qui se réapproprient des domaines masculins à leur manière (la F1, Call of Duty), les hommes peuvent très facilement récupérer leurs intérêts et en effacer toute trace de féminité (les métiers de l'informatique, les Beatles). Le même phénomène existe dans le jeu vidéo. On réduit les joueuses à leur intérêt supposé pour les cosy games, mais jamais les joueurs à leur amour pour le grind et la collecte d'objets, des mécaniques pourtant à la base de tout cosy game qui se respecte. On va identifier l'ombre du capitalisme sur les jeux qui mettent en scène des métiers (c'est vrai !), en oubliant que ce sont les petites filles à qui on apprend à jouer à la caissière ou à la femme de ménage (le saviez-vous ? Le concept féministe de la charge mentale vient d'abord de la sociologie du travail).
Car voir des femmes, ça implique d'abord de se taire pour les laisser parler. C'est sur les réseaux sociaux que j'ai lu une analyse passionnante sur les liens entre Zero Parades et sa mise-en-scène de la féminité. Et c'est dans cette infolettre que je vous affirme que je vois des femmes, surtout, parce que j'ai envie de les écouter. Êtes-vous prêts à regarder ?
Quoi de neuf chez Origami ?
On attendait ce jeu depuis des années, mais saura-t-il sortir de l'ombre de son immense prédécesseur ? Je parle évidemment de Paralives, critiqué par Héloïse dans cette récente édition de L'Hebdo. Si jamais ça vous intéresse, on y parle aussi de Zero Parades.
Quand on interroge des professionnel·les du jeu vidéo sur leur parcours, on finit souvent par prendre des détours. Comme avec la dernière invitée de Head Shot, Cindy Asselin de Beauville, qui est à la fois senior narrative designer, codeuse et autrice de bande dessinées. Tout est très logique, et surtout passionnant !
J'ai tendance à me méfier du sentiment de nostalgie, particulièrement quand elle s'applique au numérique. Zeph et Ramo ne partagent pas ma prudence, puisque leur dernier Freak of the Month n'est rien d'autre qu'une ode aux CD-rom et aux longues heures passées à traîner sur l'ordinateur du CDI au collège. Grands fous !
C'est le temps idéal pour se faire un film, vous ne trouvez pas ? NOPE. Mais si, ça marche avec toutes les météos ! Il pleut là où vous êtes ? NOPE. Il fait beaucoup trop chaud pour un mois de mai ? NOPE. Ça tombe bien, car on vient de sortir un nouvel épisode de la Bien Séance, notre podcast ciné exclusif à nos soutiens Patreon, dédié à un bijou du cinéma d'horreur indépendant : NOPE. C'est à écouter par ici.
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Point Point Point
Qui a encore le temps de regarder des longs tests de jeux vidéo ? Vous, on l'espère. Mais si jamais vous êtes très pressé·es, voici une recommandation de la rédaction, résumée en trois points bien tassés.

1️⃣ J'adore les porte-clés. J'en achète en voyage, sur des marchés de créateurs et créatrices, pour commémorer un moment de ma vie, pour me souvenir de quelqu'un, juste parce que j'ai aimé son design. J'aime tellement les porte-clés que je ne les utilise pas seulement pour mes clés. J'en accroche dans ma maison, à mon bureau, et évidemment à mes sacs à main.
2️⃣ Il était donc inévitable que j'adore Trinket Bag Maker, proposé par la développeuse grenobloise Celia Margotteau (membre du studio indé Mgtt). Dans ce jeu inspiré des dress up games des années 2000, on nous propose de décorer des sacs avec tout un tas de "trinkets", c'est-à-dire des trucs et des machins dont le seul but est d'orner. Des nounours colorés. Des lettres. Des patchs à coudre. Une clé USB. Un Tamagotchi. La collection est large, et a déjà fait l'objet d'ajouts supplémentaires depuis le lancement du jeu. Vous pouvez les agrandir, les rendre minuscules, les pendre à des chaînes, des boucles, ou juste les coller là où vous le souhaitez, sans logique particulière. Ce qui compte, c'est que ça vous plaise.
3️⃣ J'adore les girl games pour les mêmes raisons que j'aime la plupart des jeux vidéo. Ils m'aident à mettre en pause mon cerveau pendant quelques minutes ou quelques heures. Peu importe si vous n'avez jamais porté de sac à main de votre vie. Le plaisir de Trinket Bag Maker, c'est de dépenser quelques euros dans une expérience minutieuse, inutile et donc précieuse dans un monde de productivité effrénée. Rien à voir avec le genre et sa construction sociale. Si j'ai appris à collectionner les cartes Magic, vous aimerez sans doute accrocher une adorable grenouille à votre sac à dos virtuel.
Trinket Bag Maker, disponible sur PC, recommandé par Lucie
OK Vu
La revue de web de la rédaction.
Cozy Games And Misogyny (Vidéo/Izzzyzzz/en anglais)
Plaquer son dream job dans le jeu vidéo… et ensuite ? (Vidéo/Zeph et Ramo)
Big Bisous Bien Baveux Belle Brune 💋
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