La vie est souvent une affaire de timing. Une mauvaise nouvelle tombe toujours au mauvais moment. Mais rien ne remplace le plaisir de l’heureuse coïncidence : lire une offre d’emploi parfaite alors qu’on se tâte à quitter son job, acheter la dernière paire de chaussures à sa taille du magasin, tomber sur son crush au hasard d’un trajet en métro.
Dans les médias jeu vidéo, le timing est une pression constante. On doit parler des dernières sorties au bon moment, qui est rarement celui que l’on choisit. Il y a des embargos d’éditeurs à respecter. Les algorithmes de YouTube qui poussent à parler d’un jeu très vite, mais pas trop tôt non plus, car il est déjà trop tard. Les attentes contradictoires d’internautes qui ne sont d’accord sur rien, sauf pour exiger que leur jeu préféré soit traité par les journalistes spécialisé•es.
Chez Origami, on essaie d’avoir une relation plus saine au timing. C’est le grand luxe d’avoir un modèle économique qui repose sur le soutien de notre audience (merci !), plutôt que sur les revenus publicitaires. Peu importe si un éditeur "oublie" de nous envoyer un code pour découvrir son dernier titre. Ce n’est pas grave si l’un de nos journalistes doit s’absenter de la rédaction et que son test est décalé (notre critique de Crimson Desert ARRIVE, promis). Ou que l'on tourne une émission à une date imprévue, pour s’adapter à l’emploi du temps d’une super invitée. Le bon timing, c’est le nôtre. On espère que c'est le vôtre aussi.
Quoi de neuf chez Origami ?
Dans son essai Travail vidéoludique, travail idyllique ? (publié aux éditions LOCO), la chercheuse Flavie Falais explore les liens complexes entre jeu vidéo et travail. Je l’ai invitée sur notre plateau pour une interview. Peut-on encore rêver d’intégrer l’industrie du jeu vidéo aujourd’hui ? Et comment expliquer qu’une industrie en constante croissance économique traverse une telle crise de l’emploi ? C'est un format assez rare dans notre grille, on est preneurs et preneuses de vos retours.
J’ai peur de deux choses dans les jeux vidéo : les textures bizarres et les mains mal modélisées. Autant dire que j’étais en grande souffrance en regardant le dernier épisode de Freak of the Month, dédié à l'étrange jeu Player Non Player. Mais ça valait le coup de me faire violence !
Vous reprendrez bien un petit bonbon ? L’équipe de Super Vieux Jeux a sorti une nouvelle capsule de sa confection, cette fois-ci dédiée à la carrière de Peter Molyneux, le créateur de Fable.
Je n’ai jamais touché à Elden Ring : Nightrein, mais il paraît qu’y avoir passé 150 heures, c’est tout de même beaucoup. C’est aussi une excellente excuse pour Pierre-William Fregonese (co-animateur de notre podcast Ori•Ori) de parler dans le micro de Kevin à l’occasion d’un succulent épisode de Catalogue Arrière. C'est accessible pour nos soutiens Patreon à partir de 7 euros par mois.
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Point Point Point
Qui a encore le temps de regarder des longs tests de jeux vidéo ? Vous, on l'espère. Mais si jamais vous êtes très pressé·es, voici une recommandation de la rédaction, résumée en trois points bien tassés.

1️⃣ Le timing est-il une science de la lenteur ou de la vitesse ? Manifestons-nous son sens en réagissant assez rapidement, ou au contraire en ralentissant le temps pour tirer plein parti d’un infime instant ? À cette question, le Ghost Trick de Shu Takumi (à qui on doit la série des Ace Attorney) répond d’un très franc : les deux, absolument et obligatoirement les deux !
2️⃣ En nous proposant d’incarner le fantôme fraîchement né d’un certain Sissel fraîchement mort, et entouré d’une espèce de mafieux caricatural et de la jeune femme qu’il menace encore de son fusil, Ghost Trick nous plonge directement dans l’action rythmée d’un très joli point-and-click en semi-temps réel. Bien vite, on apprend à déplacer notre forme spectrale d’un objet à l’autre pour activer une barrière qui fera peut-être tomber un fusil, ou encore une guitare abandonnée dont les notes pourraient surprendre un mafieux juste avant qu’il fasse feu.
3️⃣ Et si l’on retiendra assurément ses charmants personnages, son histoire-enquête touchante et bien ficelée ou encore ses superbes animations, le plus beau cadeau de Ghost Trick se trouve dans son principe même. Dans la manière qu’il a de nous offrir l’infini d’une pause pour planifier chaque mouvement et chaque action, avant de libérer le temps pour constater que l’on a, en tirant une nouvelle fois plein parti d’un court instant parmi tant d’autres, créé ni plus ni moins que du timing pur.
Ghost Trick : Détective Fantôme est disponible à peu près sur toutes les plateformes (y compris sur smartphone), recommandé par Kevin.
OK Vu
La revue de web de la rédaction.
Guerre et PNJ : le fait militaire au prisme du jeu vidéo (Le Collimateur/podcast)
Life (And Death) In Warframe (Aftermath/article/en anglais)
Vous voulez savoir un secret ? L'Hebdo de vendredi sera la centième de notre histoire ! Alors je vous embrasse cent fois. À très vite !
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